
Une prof de français un peu perchée et complètement illuminée qui ne jure que par la littérature, une classe de seconde moyennement motivée avec son lot d’ados plus ou moins bien dans leurs peaux, un fonctionnaire du Ministère satisfait de sa personne et de sa carrière... et une étrange épidémie qui ne semble toucher que les professeurs de l’enseignement public.
Ce que se joue, c’est ce qui disparaît du langage, de la pensée, de la société et de la capacité à se penser soi-même et le monde dans lequel on vit, quand a vouloir tout simplifier, faire fie de la complexité du réel, on impose à l’esprit des raccourcis forcés mais ô combien confortables ! On assiste tout bonnement à l’effacement de l’être.
Un roman fort, intelligent, subtil, surprenant, drôle et grave qui jongle avec les codes et les genres de la littérature, pour mieux lui rendre le plus beau des hommages.
Un propos engagé et incontestablement politique qui résonne fort avec notre époque où la liberté d’expression est plus que jamais menacée. Où des éditeurs, des libraires, des professeurs, des chercheurs, subissent des pressions et des menaces. Où les mots eux-mêmes sont vidés de leur sens et instrumentalisés.
De l’importance de transmettre les mots, leurs sens et les rouages de la langue comme autant d’outils pour non seulement se former un esprit critique mais pouvoir aussi, et surtout, l’aiguiser.
Laissez un commentaire