Un essai brillant qui fait un bien FOU !

Qui décide de ce qu'est la folie, de qui est fou et de ceux (celles) qu'il faut enfermer ? A partir de quels critères, de quels référentiel définissons-nous la folie ? Très souvent, c'est à partir de la norme. Norme définie par les puissants, les dominants. Norme qui évolue aussi au fil des siècle et des cultures. En France il n'y a pas si longtemps, on lobotomisait des femmes pour "hystérie", en Belgique l'administration pouvait décider d'enfermer des personnes (encore une fois principalement des femmes) pour "trouble à l'ordre public" dans des instituts spécialisés. 

Aujourd'hui encore, on ostracise et médicalise fortement des personnes bipolaires, dépressives ou sans psychoses qui les rendraient dangereux pour les autres (quand ils sont dangereux s'est bien souvent principalement pour eux-mêmes). Il faut les rectifier, les faire rentrer dans le rang, les "réadapter". Entendre : les faire entrer dans la norme. Car leurs existences dérangent, interrogent, bousculent. Alors même que la plupart de ces trouble trouvent leur origine dans les violences que la société inflige aux personne, au esprits, aux corps.

Ces folies ne seraient-elles pas justement des moyens d'échapper aux violences systémiques, à la pression de la norme ? A la folie d'une société qui violente ses citoyens ?

Qui est réellement fou ? La personne qui se sent mal dans sa peau, angoissée et désorientée dans un monde qui part en vrille, ou celui qui produit/consomme à outrance sans se soucier de tout détruire au passage ?

Réaproprions-nous nos folies pour ne plus laisser les puissants les instrumentaliser pour mieux nous broyer.